Un lac, une île, deux volcans. Le lac c’est le Cocibolca, le plus grand d’Amérique centrale dans lequel baigne l’Ile d’Omepete composée de 2 volcans, le Concepción (1700m, actif) et le Maderas (1400m, non actif).
Pour rejoindre l’île il faut aller jusqu’à Rivas puis jusqu’au port de San Jorge et prendre l’un des ferry ou une lancha pour Moyogalpa (ville principale d’Ometepe). Le trajet (beau, beau, beau) dure 1h environ et le prix varie selon les bateaux.
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Ou que vous soyez sur l’île, il y aura toujours vue sur le lac et sur l’un des volcans, voire les deux… je vous laisse imaginer le panorama !
Pour se déplacer sur l’île : Bus, taxi, location de vélos ou de motos…
La route principale qui fait le tour du volcan Concepción est bonne, les petites routes annexes, celles qui pour la plupart rejoignent le lac sont en générales des pistes. A partir de la jonction entre les deux volcans, quand on passe du coté Maderas, les travaux de voiries se font poco à poco… suave, suave… Quelques kilomètres de routes pavées récentes puis vient la piste, qui ressemble à certains endroits à des lits de rivières à sec : poussière, bosses, trous, cailloux… mais certains lieux sur cette partie de l’île valent largement le coup d’un petit Dakar, j’y reviendrai.
1. Où se poser à Moyogalpa ?
Je ne peux parler que de ce que je connais. Les endroits ou nous avons pieuté à Moyogalpa oscillent entre l’étrange et le franchement déprimant.
L’étrange d’abord : L’hôtel Central ou Indio Viejo, qui porte correctement son nom puisqu’il est situé non loin du port ferry et du centre-ville. Nous y avons hébergé lors de notre premier séjour à Ometepe, bon marché, piaules très simples, un poil vétuste tout de même, propreté des sanitaires communs parfois limite. Mais ambiance du bar/resto sympa, colorée, hippie style, bouffe très correcte. Le tout tenu par une québécoise d’un certain âge et son « frère ». La première avec sa longue tresse grise et ses fripes du marché aux puces, a tout d’une éleveuse de chèvre des Cévennes, son « frère » lui, est le BioMan de la bande, connait tout des plantes du coin, gère une petite prod de produits bio, organise des sorties sur le volcan Concepción, fait la bouffe et joue même de la guitare. So What ?! Ça parait bien coolos tout ça ! Il est où le bizarre ? J’y viens…
Alors que nous organisions notre second périple sur Ometepe, à la recherche de nouveaux endroits à visiter, le blog d’un américain vivant sur l’île nous met la puce à l’oreille. Entre autres articles sur le Nica, nous tombons sur l’un parlant de l’hôtel central, et surtout de son propriétaire, littéralement dénoncé comme étant gourou d’une secte nébuleuse (Eco Vie), secte prônant la vie à l’état d’indiens primitifs, le bloggeur furax de savoir un gus pareil installé sur son ile, appelle au boycott du lieu. Lard ou cochon, nous creusons le sujet pour finalement tomber sur un reportage (belge me semble-t’il) sur la secte et le gourou en question. Je vous passe les détails scabreux des témoignages d’anciens membres de la communauté, sachez juste que tout y est, maltraitances, sexe, manipulation psy etc… Nous suivons pendant une heure l’historique de la secte, Canada, Belgique, France, Costa Rica… les accusations, procès et acquittement, les fuites, sa possible installation au Nicaragua. Quand apparait soudain une image du mec sortant du tribunal et d’un commentaire décrivant la personne qui l’accompagne à ce moment-là comme étant son fils adoptif, putain mais son fils adoptif c’est le « frère » de l’éleveuse de chèvre !! Arrêt sur image… merde oui c’est bien lui, le cuistot-barde-bio de l’Indio Viejo…
Indiens primitifs, Indio Viejo (vieil indien mais aussi soupe de tortilla, malin hein…), « frères et sœurs « qui, aux dire de l’éleveuse, tiennent hôtels et boulangerie dans d’autres villes du Nica, nous nous étions dit que la famille était nombreuse… ben voyons…
Bref, pas mal dégoûtés, nous avons rayé cet hôtel de la liste des séjours possibles à Ometepe et comme nous cherchions toujours sur Moyogalpa nous nous rabattu sur l’hôtel Ibesa… et là vient la déprime…
Pour faire court, il y a l’Ibesa et l’annexe de l’Ibesa situé quelques rues plus loin, le premier étant full, nous avons été déplacé sur le second, sans être prévenu évidemment, mais à 7h du soir, tu ne chipotes pas. Nous aurions dû… Nous aurions alors évité une nuit de merde dans cet entrepôt/ garage aménagé vite-fait en hôtel, dans une piaule à la peinture rose écaillée donnant sur la rue, sur des matelas en mousse pourrie de 5cm d’épaisseur, séparés des chambres voisines par des « murs » en contreplaqué… glauquissime… pas même une bière au « bar » pour se consoler de ce palais à 7$/personnes…
Nous avons par contre magnifiquement petit-déjeuner au CornerHouse Bed&Breakfast, un café du centre. (http://www.thecornerhouseometepe.com/)
Voilà pour les endroits que nous déconseillons sur Moyogalpa, le blème est que ce sont les seuls que nous connaissons sur cette ville, mais nous en avions repéré un qui semblait pas mal : l’Hospedaje Soma, peut-être auront nous l’occase d’y aller avant votre arrivée.
Haut les cœurs, des hôtels à Moyogalpa, il y en a quelques-uns et se poser quelques jours dans cette petite ville est à faire, car si la ville n’est pas d’un attrait dingue, il y a quelques petites choses à découvrir aux alentours.
Simple, mais beau : La Punta Jesus Maria. C’est une petite plage à une poignée de kilomètres de Moyogalpa, 2km par la route principale puis je dirais moins d’1 en piste, un bus vous déposerait à l’entrée de la piste. Sable volcanique, coquillages, eau douce et calme, petite balade jusqu’au bout de la pointe qui offre un point de vue épatant sur le Concepción.
Le Chaco Verde : Ou la Lagune Verte. Reserve écologique à une quinzaine de km de Moyogalpa. L’entrée est payante, moins de 2 dollars dans mon souvenir… libre à vous ensuite de vous balader à travers les différents chemins et pontons longeant la lagune et traversant les bois, observer faune et flore locale, chercher les oiseaux et les singes, graver son passage dans le creux d’un arbre… Le parcours est correctement balisé, une fois votre vadrouille terminée, possibilité de se poser dans le bar donnant sur la lagune.
Ojo de agua : Littéralement « trou d’eau », c’est en fait une piscine d’eau de source mais qui n’a de naturelle que sa provenance, certes l’eau y est limpide (qu’on peut même ouvrir les yeux dedans) et fraîche, mais l’aménagement du bassin aux bords bétonnés peut être un peu décevant, l’endroit reste malgré tout très agréable, abondance de végétation, température de l’eau parfaite les jours de cagnard, en gros tous les jours… un mirador un peu à l’écart qui offre un très beau panorama sur les alentours. Ouvert de 8h à 17h, entrée payante : autour de 5$ , bar et resto sur place. Pour y aller : bus en passant par Altagracia (environ 20 cordobas/pers. = moins d’un dollar) le trajet prend une bonne heure ou taxi, plus rapide, mais les prix peuvent être très variables, bien se renseigner avant et de préférence auprès d’un nica qui connait les vrais tarots.
La Playa Santo Domingo : Farniente, grande et belle plage, cocotiers et sable presque blanc. Santo Domingo est la grande plage à l’est qui relie les deux parties (volcans Concepción et Maderas) d’Ometepe, cette portion de l’île la moins large est souvent venteuse, quelques arbres bordent la plage offrant ainsi de larges spots à l’ombre à quelques mètres du lac. Vue sur les deux volcans, sages vaguelettes et pente très douce (eau aux genoux sur les 15 premiers mètres), parfait pour les marmots. Plusieurs bars, hôtels et restos longent la plage.
Dans Moyogalpa même vous trouverez toutes les commodités nécessaires en plus des hôtels. Restaurants, bars, pharmacies, mini-super, épiceries, locations de vélos ou motos etc… arrivées et départs de ferry pour les terres, bus et taxis pour les déplacements dans l’île.
Voilà pour la partie principale et la plus développée de l’île d’Ometepe, celle située autour du volcan Concepción.
Dans la partie du volcan Maderas, vous trouverez surtout des hébergements dans des finca, c’est-à-dire en pleine nature, soit en bord de lac, soit sur les flancs du volcan. Petites maisonnettes ou cabañas à louer pour quelques nuits et éparpillées sur de grands terrains luxuriants. L’accès de certaines de ces fincas peut être audacieux, comme je le disais plus haut, la route de ce côté de l’île est en majeure partie de la piste, mais un peu d’aventure peut valoir le détour.
C’est le cas pour la Finca Mystica, la finca « qu’on est content d’y être », pas seulement à cause du trajet digne d’une étape du Camel trophy mais surtout parce que l’endroit est très beau. Au pied du Volcan Maderas, dans des jardins de papayers, d’hibiscus, de palmiers, près des champs verts de bananiers et rouges de jamaica (dont la fleur est utilisée pour des boissons), d’une petite forêt aménagée pour la promenade, à 15mn à pieds d’une toute petite plage donnant sur le lac : la finca.
Des logements en petit nombre et d’un style assez original, 3 ou 4 cabañas pour 4 personnes max et une grande pour 8 personnes, salle de bain privative pour chaque habitation. Un bar/resto plein de charme avec jeux de sociétés à dispo, cuisine simple mais bonne, pain maison etc etc… Tours avec guide organisés au départ de l’hôtel pour la cascade San Ramon, à pied ou à cheval (c’est plutôt sport…), balade à cheval, kayak. Internet pour les geek…
Les prix sont à la mesure du service proposé, le plus économique quand on y vient à plusieurs reste de louer la grande cabañas pour 8 qui coûte 60$ la nuit.
Un très chouette endroit… après oui, c’est tranquille, très tranquille, les seuls teufeurs du coin sont les singes hurleurs qui donnent du coffre en choral au coucher et lever du soleil.
==> Finca Mystica
Et pour y aller, voir les explications directement sur leur site : ICI
Je ne suis pas super exhaustive sur les choses à faire car je n'ai pas tout fait à Ometepe comme visiter une finca (dans le sens ferme) de café, je n'ai pas grimpé le Concepción, qui peut se faire entier ou juste un peu... je n'ai pas cherché les pétroglyphes (dessins pré-colombien gravés à même la roche), ni fait de kayak dans la rivière Istián, ni ne connait toutes les plages...
Pour tout ce que je sais en tout cas, Ometepe est une destination à ne pas louper, insulaire, plus tranquille, nature, roots, cette île possède, quand on prend le temps de s’y poser et de contempler, quelque chose de magique.




