28 sept. 2011

Waiting For The Sun...(Part-2)


9 Septembre : En quittant Veracruz nous consultons une dernière fois la météo qui confirme le maintient d'un temps maussade voire d'une tempête dans les jours qui suivent . Nous décidons donc de continuer vers le sud en nous éloignant légèrement de la côte pour rejoindre Catemaco, petite ville de 20000 habitants située entre lac et collines verdoyantes.

Comme c'est un choix de dernière minute, nus n'avons rien prévu concernant l'hébergement. A notre première tentative, dans un hôtel près du centre, on nous prendra certainement pour des américains puisque qu'après quelques secondes de réflexion le taulier nous proposera une chambre triple pour la modique somme de 1000 pesos, nous avons bien retenu la leçon, en saison basse, un hôtel à plus de 700 pour nous 5 = arnaque...
Un peu plus tard, stationnés près de la place de l'église, tête dans le lonely planet, un gus nous propose un tour en lancha (petite embarcation touristique) autour du lac, nous montre la petite plaque en bois usé qu'il porte autour du cou sur laquelle sont imprimées de petites photos jaunies représentant ce qu'il est possible de voir durant la balade (singes, oiseaux, îles...). Nous refusons poliment et lui demandons plutôt s'il peut nous renseigner sur un hôtel pas cher. Bien sûr qu'il connait ! Ni une ni deux le voilà arrêtant un gars en scooter qui passait par là, lui arrache quasi l'engin des mains, monte dessus et nous fait signe de le suivre. Nous arrivons d'abord devant un hôtel ressemblant à un HLM, nous savons déjà que ça ne va pas être possible, mais Olivier rejoint tout de même Daniel, notre guide, prend le temps de voir une chambre avant de vite remonter dans la voiture. Nous expliquons à Daniel que nous préfèrerions un endroit un peu moins austère, il comprend parfaitement, enfourche sa monture et nous conduit à l'hôtel Koniapan situé près du lac où pour 450 pesos nous trouverons notre bonheur, petite chambre double très simple ( nous trafiquerons un lit de fortune pour Samuel), balconnet avec vue sur le très joli jardin fleuri avec piscine et balançoires et un peu plus loin le lac de Catemaco.
Olivier remercie Daniel + 20 pesos, qui nous propose à nouveau son excursion, repassera 1 heure plus tard nous laissant le temps de nous installer. Nous lui demanderons de revenir le lendemain et en fonction du temps nous aviserons.
Ah, entre temps son collègue scooterjacké avait trouvé un autre engin et ne quittait plus Daniel d'une semelle.
Vers la fin d'après midi un rayon de soleil pousse les enfants vers la piscine mais ils devront attendre car si les piscines privées (hôtels ou particuliers) sont rares au Mexique, les municipales sont inexistantes, du coup celle ci est mise à disposition pour des cours de natation pour les plus jeunes. Plutôt chouette initiative !

Repas du soir sur un banc de la place principale, hamburguesas hawaii (avec ananas), hotdog sin Chile, Maïs Crema y queso... La plupart des commerces sont ouverts, pourtant la ville semble extrèmement tranquille, seuls quelques jeunes, en couple ou en petites bandes squattent calmement bancs et kiosque.

Si jusque là nous passons entre les gouttes, le réveil le lendemain se fera sous une pluie diluvienne. Nous sommes moins étonnés par la pluie que par Daniel que le déluge n'aura pas dissuadé de revenir nous causer de sa sortie lancha... Même si nous sommes bien tentés et que nous saisissons qu'en basse saison le moindre touriste est une manne, nous déclinons la proposition. Rendez-vous pris pour le lendemain, Daniel nous assure que le temps sera plus clément.
Journée off donc...Léa et Sam jouent avec le couple de caniches de la proprio de l'hôtel, Pauline dessine, et pour nous c'est l'occase de faire le point sur le voyage, ce que nous avons déjà fait, ce que nous prévoyons etc.
La pluie est la même partout, elle inspire le même spleen qu'elle tombe sur une palmeraie ou sur le jardin d'un champ joli. Un coup de barre s'abat sur la crew, les nouvelles quasi quotidienne des ami(e)s qui viennent de faire leur rentrée des classes minent le moral des gamins, soudain on se sent loin de tout, le manque de repères qui jusqu'ici était euphorisant devient pesant. Nous ne sommes sur la route que depuis 1 mois et demi, mais en ajoutant les 3 semaines de "vagabondage" après la vente de la maison, nous réalisons que cela fait un peu plus de 2 mois sans trop de stabilité. Si ce genre de voyage favorise le rapprochement familial, la motivation est ailleurs, alors quand à l'occasion d'une balade nous voyons les filles, démunies, incapable de répondre aux sollicitations amicales d'autres jeunes filles de leur âge, nous réalisons leur frustration et la notre par la même occasion.
Le virage s'opère, ça sent la fin des vacances à proprement dit. Dans la soirée, nous abandonnerons les enfants devant la téloche, tournerons dans une ville détrempée, sombre et déserte à la recherche d'un endroit où boire un coup. Nous finirons par dégoter un bar au bord du lac, et discuterons un long moment de comment prendre le chemin du projet initial, l'installation...

Sur le retour, après avoir chopé de quoi nourrir nos monstres, à quelques mètres de notre l'hôtel, deux policier nous arrêtent, demande à Olivier de sortir de la voiture. L'un deux sort déjà un carnet, demande la licence du véhicule, qu'Olivier devra aller chercher dans notre chambre sans oublier de revenir avec Samuel car quoiqu'il arrive, les enfants attendrissent toutes les situations ! [Dixit] C'est notre premier contact avec les autorités depuis notre arrivée au Mexique, mais peut être Olivier avait gardé en tête la possibilité de filoutage puisque rapidement il feint de ne rien comprendre à ce que lui dit le flic, de mon côté je ne pige rien pour de vrai. Pendant ce temps, Samuel fait son Samuel, salue et sert la paluche du collègue :D. Le flic persiste en espagnol, Olivier hausse les épaules l'air désolé, long silence... crache 2 mots d'anglais " Lights et ticket"... ticket surtout... Le gus a toujours la licence de la bagnole, Olivier fait un peu moins l'innocent et signifie qu'il a compris que les phares n'étaient pas dans la bonne position, code au lieu de croisement soi disant obligatoire la nuit dans la ville de Catemaco... ben voyons, pour les plaques étrangères seulement, puisque pour 50% des caisses du coin, la lumière est un vieux souvenir... Que faire pour le policier à présent ? Prendre 3 plombes pour expliquer à 2 idiots comment on paye une "amende" au Mexique ou bien accepter nos excuses et nous laisser enfin partir. Quelques mots avec le collègue, un blanc introspectif, le retour de la pluie et il choisira la seconde option...

Wouhou ! Lendemain matin, un timide soleil fait son apparition, par contre point de Daniel... pas grave, le vieux Pedro est fidèle au poste, près de sa lancha. Rapide discussion du prix, de l'horaire et de ce que nous allons voir... petit dej en speed et nous voilà partis sur le lac de Catemaco ("Laguna de Catemaco").

Nous avions déjà remarqué avant d'arriver en ville la luxuriance de la région, du lac nous avons l'occasion de profiter de la vue des vieux volcans tellement érodés et tapissés de végétations qu'ils ressemblent à d'immenses brocolis, sur les îles, la jungle, les troncs d'arbres eux mêmes sont recouvert de mousse. Autour de nous, il y a tant de variétés de plantes ou d'arbres différentes que, où que l'on regarde, nous ne voyons jamais le même vert. L'ensemble donne une sensasion de grande respiration et d'une grosse poussée d'energie, exactement ce qu'il nous fallait !



Pedro nous racontera la richesse en poisson du lac, pas moins de 15 espèces comestibles, nous croiserons quelques pêcheurs, passerons par l'île aux singes, thaïlandais et obèses tellement ils sont nourris par les locaux afin d'être toujours visibles des touristes. Nous naviguerons entres les petites îles, habitations privilégiées de nombreuses espèces d'oiseaux.
Nous ne voyons pas le temps passer, et nos estomacs finissent par nous rappeler à l'ordre. Notre capitaine nous parle alors d'un restaurant situé sur les berges où il est possible de manger du poisson frais.







Nous accostons près d'une petite maison isolée, prenons un sentier tout boueux et commençons à pénétrer la foret. Ca sent le champignon, le bois humide et la terre, nous parcourons une centaine de mètres ainsi avant d'apercevoir une immense bâche (nous remarquerons plus tard qu'il s'agit en fait d'une grande affiche plastifiée du film "Hellboy"), et sous la bâche quelques tables et chaises, une cuisine ouverte, et un peu en retrait une petite maison en bois sur pilotis. Nous voilà dans le restaurant, tellement cerné de végétation que nous ne pouvions le voir du lac. Un couple nous accueille, Pedro nous aide à passer commande de 5 plats de poisson, 3 frits, 2 rôtis et nous attire près d'un ponton donnant sur de larges filets baignant dans le lac. Le proprio attrape un panier monte dans sa barque, et commence à attraper les poissons un par un, revient, nous montre le butin et s'assure que cela nous convient. Pendant qu'il les vide, sa femme allume le feu dans la cuisine, nous installe à table et nous sert des sodas locaux et cafés instantanés. Nous mangerons avec appétit, et même si ce n'était pas aussi savoureux que les "poissons morts" de Jo, personne n'en laissera une miette ! Nous profiterons encore un moment du lieu, laisserons Pedro terminer de manger en papotant avec ses amis avant de reprendre notre bateau pour retourner sous la pluie à Catemaco.







Pour notre dernier jour dans la région, nous décidons d'aller voir la réserve écologique de Nanciyagua, elle aussi située près du lac à quelques kilomètres de la ville. Malgré la beauté du site nous en regretterons un peu le côté parcours touristique. L'entrée à 50 pesos est largement justifiée, l'endroit est parfaitement aménagé et un guide s'occupe de vous tout le long de la visite, principalement axée sur l'héritage pré-hispanique avec descriptions des statuettes de divinités jalonnant le chemin et de certaines pratiques religieuses . Mais peu d'explications ou d'informations sont données sur la faune et la flores locales, de plus le circuit est strictement balisé et trop souvent ponctué "d'activités " payantes; bain de temazcal (genre de hamman), masque de boue, purification shamanique, location de bungalow etc... Bref la sortie reste agréable sans être transcendante. Mais Pauline qui en rêvait, a pu voir des singes... et pas obèses ceux là et de la région en plus... bizarrement, nous les avons repérés à l'extérieur de la réserve...









Le soir, nous dînerons dans un restaurant de la lagune, et en profiterons pour partager avec les enfants nos réflexions de l'avant veille sur le voyage, leur proposant l'éventualité de rejoindre le Nicaragua assez rapidement afin de nous poser, d'être moins les uns sur les autres et de prendre le temps de s'installer, d'apprendre et de rencontrer.
Nous les prévenons bien qu'il faudra pour cela faire pas mal de route avec peu de pause mais qu'avant, nous aurons besoin de mettre en place l'itinéraire adéquat et que nous resterons donc plusieurs jours à San Cristobal de Las Casas que nous devons rejoindre dès le lendemain...

4 commentaires:

Anne Laure, Christophe et Enora a dit…

la première chose, c est qu heureusement que le poisson sortait de l eau!!!

et sinon le masque de boue vous va a ravir!!!

on vous embrasse tous les cinq très très fort

David a dit…

Il ne manque rien.
Je voyage avec vous.
Bisous à vous 5.

S

Mr Kir a dit…

Je me suis senti un peu comme John Rambo au milieu de la jungle birmane :)

elina a dit…

merci pour les poissons morts de jo
pleins de bisous a vous 5

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