26 juil. 2012

¡ Vamos a comer !



Ce midi, durant une petite session skype avec une partie de la famille d'Olivier pas vue depuis bien longtemps, la question de notre alimentation ici s'est posée... "Vous mangez bien ?"... oui Mamie nous mangeons très bien ! Cette question associée à la conversation quelques heure plus tôt avec Sofia (la señora qui vient faire quelques menus travaux ménager dans la maison) me fait dire qu'il y a un signe et qu'il est temps que je vous parle de la "gastronomie" Nica.
Rien à voir avec l'art culinaire à la française, son abondance de produits et variétés... non définitivement rien à voir. Il faut savoir que nous les grands, avons considérablement "fondu" depuis notre arrivée... "Adieu veau, vache, cochon...". Adieu blanquette, camembert, rillettes... adieu donc quelques kilos.
Notre première fois dans le Intermarché local, de la taille d'un Felix Potin parisien, nous a laissée un peu dubitatif. Je me souviens traverser les rayons notant évidemment tout ce qui n'existait pas ou peu ou pas pareil... fromages, charcuterie, chocolat, pinard, pain... ma crème nivéa de base (qui est arrivé depuis mais qui certes ne se mange pas). Chacun faisant le frustrant inventaire de ce à quoi il allait falloir renoncer, saucisson pour Pauline, ingrédients pâtissiers pour Léa, petit suisse nature pour Sam. Seul, Olivier qui n'avait pas cuisiné depuis plus d'un mois y voyait la caverne d'Ali Baba...
Ayant séjournés quelques semaines à l'hôtel avant d'avoir notre propre maison, notre propre frigo et donc de devoir faire nos propres courses, nous avons été affranchis de quelques spécialités culinaires du pays à travers restos, comedors ( genre de cafetes populaires) et hôtel lui même, puisque outre le petit dej que nous prenions sur place, il nous est arrivé d'être invités à déjeuner avec l'équipe.
Qu'avons nous donc trouvé dans nos premières assiettes ?... Du riz et du riz...

1) Le Riz

Petit dèj Hotel Lazy Bones : Du riz, cuisiné en Gallo Pinto, un plat basique, traditionnel, bref un incontournable à base de riz et haricots rouges cuits ensembles avec ail et oignons. Pour le premier repas de la journée il peut être accompagné d'oeufs brouillés, de queso blanco (un fromage très salé, très sec, très dense ) de pico gallo (salsa de tomate, coriandre, oignon...) et parfois d'une banane frite... pris assez tard dans la matinée, il peut vous tenir jusqu'au dîner.



Le gallo pinto est au Nicaragua ce que le gratin est à la France, économique puisque produit ici, il peut tout accompagner, se décline, possède ses secrets de préparation et enfin peut être vraiment délicieux.

Déjeuner Comedor  Lucia : Du riz... accompagné cette fois ci, d'un autre aliment ultra consommé ici : le poulet. Le riz est alors servi blanc (et d'office), le bouillon du poulet cuisiné en cocote étant suffisant pour l’accommoder.

Dîner Cuisine associative du coin de la rue : Du riz, re gallo pinto accompagné de brochettes de boeuf ou de poulet rôti.

Nous l'avons donc compris, le riz est partout et à chaque repas ou quasi. Bon, le truc est qu'il n'y a qu'une seule variété... au feu le Thai ou basmati et puis il est généralement un peu secos car il est souvent cuit avec ça :



Nous en possédons d'ailleurs un exemplaire, un de nos premiers achats , exigence d'Olivier qui savait déjà qu'il allait nous en gaver car la chose est aussi pratique que moche...

2) Le Poulet

Du poulet quoi, entier, en pillons, en escalope, en cassolette, au bouillon, au grill, avec ou sans sauce. L'avantage du poulet est qu'il se cuisine à l'infini et que lui aussi est économique, plus que n’importe quelle autre viande ici, soit environ et au plus cher 3 euros du kilo en supermarché. Tellement démocratique ici, que McDo (qui n'existe pas à Leon) est largement mis dans le sac par la chaîne Tip Top, un genre de KFC , installée depuis 1958. Nous y avons mangé une fois... non pas 2...


Le Tip pas si Top de León

3) Les Frijoles

A l'instar du pollo et de l'arroz, les haricots rouges sont bon marché donc largement cuisinés... mais là pour nous c'est un peu trop. Il faut quand même remettre les choses dans leur contexte climatique... et moi, les fayots, seuls, en purée ou en soupes, par 30° en moyenne, y'a pas moyen, passe pas... ou mal.
Pour l'anecdote le haricot fait partie des aliments les moins chers du Nica, mais c'est aussi celui qui est le plus victime des spéculations, son cours change quasi quotidiennement donc son prix aussi, pour parfois devenir inaccessible à une majorité, comme en 2010 ou le prix de la libra (quasi 500g) était de 25 cordobas pour 14 en ce moment... les gens en parlent encore...



4) La Tortilla

La tortilla est une galette de farine de blé ou maïs, et fait office de pain, soit le riz et haricots ne suffisent pas, soit il faut définitivement quelque chose pour pousser le tout. Au Nicaragua la tortilla se consomme pas ou peu fourrée contrairement au Mexique. Il n'y a qu'Olivier qui, au resto, demande des tortillas pour y mettre tout ce qu'il peut dedans.
Elle peut s'acheter en supermarché, mais plus généralement, elles s'achètent faites maison auprès de vendeuses qui font le tour de leur quartier bassine sur la tête ou qui s'installent aux coins des rues les plus passantes.



A ce sujet, chaque quartier possède sont orga "plats cuisinés", dans le notre, puisque c'est celui que nous connaissons le mieux, 2 fois par jour passe à vélo le jeune vendeur de tortillas, 2 fois par semaine environ vient celle qui vend, les poissons, poulpes et crevettes pêchés le matin même par son marin de mari, sur les coups de 15h arrive Madame Pastelitos de Piña, de Queso (petit gâteaux fourrés... ceux à l'ananas sont magnifiques même s'ils réveillent les caries...), un voisin... enfin j'imagine plutôt une voisine cuisine les frijoles, suffit juste de venir avec ton tupperware, un autre fait du fromage etc... suffit de connaître les adresses pour certains, pour les autres, les ambulants, faudrait être sourd pour ne pas les entendre arriver.

Par cette voie qui n'est alternative que pour les colons que nous sommes, nous avons tenté le fameux nacatamales... depuis le temps qu'on en entendait parler nous avons succomber au chant pas vraiment de sirène de la vendeuse qui passait par là... d'abord photos :



Voici donc le joli Nacatamele, joliment empaqueté dans une feuille de bananier, avant cuisson...


Le voilà cuit et déballé...

Mouif, moi aussi ça m'a fait ça, mais vous, vous n'avez pas le fumet en plus... il faut savoir que la feuille de banane pochée exhume une odeur particulièrement âcre. Ne perdons pas tout courage et goûtons ce "plat" fait de farine de maïs, qui donne cette apparence un peu bouillie, de porc, d'oignons, de tomates, de piments et je ne sais plus quoi d'autre... Ayé... gouté ! elle est où la gamelle du chien ??
Pour la défense de ce plat typique, parait qu'il y a de meilleures adresses que celle de notre barrio et que normalement c'est ricissimo... nous retenterons.
Anecdote : Je causais avec Sofia de cette expérience assez décevante, elle semblait plutôt étonnée, quoi y'a bien des gens qui n'aiment pas le gratin Dauphinois !! (oui je dois avoir envie de gratin aujourd'hui...) Donc nous sommes allées dans le jardin, elle m'a montrée une feuille de bananier et m'a refait oralement la recette, les mots étaient bien plus savoureux que le met... qui peut d'ailleurs être sucré (sans la viande, sans les tomates, sans tout le reste, bref avec pleins d'autres ingrédients... mais Sofia parle si vite :/), une fois la démonstration terminée, elle me demande ce que nous, nous mettons dans nos feuilles de bananiers... une interrogation tellement naturelle que je n'ai pas pu m'empêcher d'en rigoler, puis de lui dire que nous n'avions pas de bananier... seconde fois surprise,plus encore que par mon dégoût du nacatamale.

Bon ce post commence à dangereusement s'allonger... j'en garde sous le coude pour demain... ou plus tard... pas de programme.

Il est quasi 18h30 ici, temps de faire la popote... nuggets de poulets (surgelés... bravo) et haricots verts de 50 cm de longueur, frais eux... car ils ne rentrent pas en conserves...

3 commentaires:

Mr Kir a dit…

Et bien moi ca me manquait ¡¡¡
Pas le nacatamale mais la plume de ma chére et tendre.

J´attend la suite avec impatience .....

GLOV a dit…

Super alléchant le menu, Aurore ;-) pour ma part, je ne suis pas très aventurière, je tenterai le gallo pinto (celui du matin avec les oeufs)
... et comme dessert, tu proposes quoi ?
bisous à tout le monde

Anonyme a dit…

Merci pour ce long exposé.Nous en voulons plus souvent!!!!Bises à tous
Catherine

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